« Le diagnostic de maladie cognitive n'est pas la fin. C'est le début. »

Par Dawna Friesen

Donna Friesen

Je me souviens du jour où j'ai réalisé que ma mère commençait à montrer des signes de maladie cognitive. Elle était chez moi, en visite pour quelques semaines. Lorsque j'allais travailler, je lui laissais toujours un plat pour le repas du midi.

Un jour, je l'ai appelé pour lui demander comment elle allait et si elle avait déjà mangé. Elle semblait heureuse et énergique et elle m'a répondu que oui, qu'elle avait mangé de la soupe aux pois.

C'est à ce moment que j'ai compris que quelque chose n'allait pas. Il n'y avait pas de soupe aux pois à la maison. À mon retour, j'ai regardé dans le réfrigérateur et j'ai réalisé qu'elle n'avait rien mangé de la journée.

J'ai alors compris que nous étions au début d'une longue et interminable glissade. Je savais déjà, à cause de mon père et de ma grand-mère, que la progression de l'Alzheimer ne peut être enrayée.

Cette maladie vole lentement la mémoire et ne laisse que l'ombre de la personne qui avait été un jour si joyeuse et pleine de vie. Dans un article que j'ai écrit précédemment, je parle de mon chagrin pour ma mère qui est toujours vivante et de cette terrible maladie qui condamne à l'exil et à l'isolement.

Mais, au même titre que l'évolution de la maladie, ma façon de voir les choses a également changé.

Après cet incident de la soupe aux pois, ma mère a continué à être active, à faire de petits voyages, à passer du temps avec mon fils et à rire. Nous avons vécu de beaux moments ensemble. D'une certaine manière, elle semblait plus détendue et tolérante, et mieux disposée à voir le côté drôle des choses qu'avant sa maladie. Après avoir quitté la ferme familiale, elle a habité dans une magnifique résidence pour personnes âgées. Elle avait son propre appartement et tous ses repas étaient servis dans une superbe salle à manger. Au cours de cette période, elle a semblé s'épanouir. Elle adorait interagir avec le personnel et les autres résidents. Cela n'a pas duré toujours, mais cette étape a été heureuse pour elle et notre famille.

Ce que je réalise maintenant, c'est que le diagnostic de maladie cognitive n'est pas une fin abrupte. C'est un commencement. Bien sûr, nous savons vers quoi on se dirige. Mais il reste encore du temps pour être heureux et rire.

La leçon la plus importante que j'en tire, c'est que le moment présent est ce qu'il y a de plus précieux. Bien sûr, les souvenirs jouent également un rôle déterminant, mais lorsque cette aptitude commence à s'effacer, il ne faut pas abandonner. Au contraire, il faut accorder encore plus d'importance au moment présent, et se souvenir de ne pas exclure les personnes atteintes, de ne jamais rompre les liens et de toujours faire preuve de patience.

Comme le dit la Société Alzheimer, il faut être présent pour les personnes atteintes parce qu'elles sont encore là.


La vie ne se termine pas avec l'apparition de la maladie d'Alzheimer. Découvrez comment appuyer les personnes atteintes ►