Remettre la personne au centre des soins : une rencontre avec Mme Sienna Caspar

En 2012, Mme Caspar a obtenu une bourse doctorale dans le cadre du Programme de recherche de la Société Alzheimer (PRSA) pour étudier les soins centrés sur la personne dans les établissements de soins de longue durée pour les personnes atteintes de l’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Longtemps avant d’obtenir cette bourse, elle connaissait déjà le rôle critique joué par le personnel des soins de première ligne.

Candidate au doctorat à l’Université de la Colombie-Britannique, Mme Caspar cumule plus de 15 années d’expérience à titre de spécialiste des loisirs thérapeutiques dans un établissement de soins de longue durée. Il y a trois ans, elle a vécu avec son mari, maintenant décédé, dans une unité de soins palliatifs. Il était atteint d’un cancer en phase terminale et d’un début d’Alzheimer.

« J’ai été à même de constater l’importance de l’échange d’informations entre les fournisseurs de soins pour offrir des soins individualisés et adaptés aux personnes qui ne sont plus en mesure de parler pour elles-mêmes », raconte Mme Caspar. Cette expérience l’a amené à s’intéresser de près à la transmission de l’information entre les professionnels de la santé dans les établissements de soins de longue durée.

Grâce à sa bourse du PRSA, Mme Caspar a suivi de près le quotidien des préposés dans trois établissements de soins et les a ensuite interrogés sur leur travail. « J’arrivais de 15 à 20 minutes avant le début des quarts de travail et je restais pour observer la transition entre les équipes, explique Mme Caspar. Je voulais comprendre comment l’information sur les soins individualisés offerts aux résidents était partagée entre les membres du personnel. »

Ce qu’elle a constaté, c’est que même si la réglementation provinciale rend obligatoire la rédaction de plans de soins détaillés pour tous les résidents, les préposés de première ligne ont rarement accès à ces documents. « Ils ont le droit de lire les plans de soins et on les encourage à le faire, mais le système ne leur donne pas le temps d’intégrer cette fonction à leur travail quotidien. Par conséquent, les membres du personnel qui prodiguent de 80 à 90 pour cent des soins directs aux résidents ne lisent jamais, ou ne consultent jamais, les plans de soins mis à leur disposition. » De plus, Mme Caspar a constaté que les préposés préfèrent se consulter entre eux sur les soins individualisés offerts à chaque résident plutôt que de mettre le tout sur papier.

Une solution pour échanger l’information pourrait être de tenir des réunions entre les équipes des divers quarts de travail au moment où ils se relaient. La participation des préposés aux bénéficiaires à la préparation et à la révision des plans de soins, et à toute autre initiative permettant d’améliorer les soins, serait également importante. Mais Mme Caspar reconnaît que d’autres problèmes systémiques doivent être pris en considération, comme le manque d’effectifs et l’obligation de mettre par écrit l’information à échanger, ainsi que la réglementation complexe qui ne laisse pas de temps aux gestionnaires pour soutenir le personnel de première ligne.

« J’ai été témoin de magnifiques exemples de préposés aux bénéficiaires qui étaient au diapason des résidents et réceptifs à leurs besoins, ajoute Mme Caspar. Le niveau de réceptivité des directeurs et des chefs d’équipe face aux besoins des préposés de première ligne était directement proportionnel au niveau de réceptivité des ces derniers à l’endroit des résidents. »

Mme Caspar souligne que le PRSA lui a permis de poursuivre sa recherche à plein temps et de suivre de près les faits et gestes des préposés aux bénéficiaires. « Sans ce financement, je n’aurais jamais pu obtenir de données aussi riches et détaillées. » Cette recherche contribuera à donner une voix aux préposés et aux résidents et à s’assurer que ces derniers reçoivent les meilleurs soins possibles adaptés à leurs besoins particuliers.

Depuis 25 ans, le Programme de recherche de la Société Alzheimer (PRSA) finance la recherche menée au Canada et évaluée par des pairs. Les projets acceptés ont pour objectif d’améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’Alzheimer et des maladies apparentées, et d’en arriver un jour à les guérir. À ce jour, plus de 40 millions de dollars ont été investis dans la recherche, dont celle de Mme Sienna Caspar.

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Last Updated: 08/22/2016