Les troubles neurocognitifs chez les peuples autochtones : Une discussion

Les troubles neurocognitifs représentent un problème de santé publique croissant chez les peuples autochtones. Entendre des chercheur·euses et des personnes proches aidantes autochtones qui discuteront de cet enjeu majeur.

Three women look at a laptop and discuss what is on the screen

Photo credit: CIRA

Au Canada, on recense plusieurs communautés des Premières Nations, inuites et métisses. Bon nombre d’entre elles ont leurs propres points de vue et connaissances sur la santé et le vieillissement.   

Les recherches ont démontré que les disparités en matière de santé auxquelles sont confrontés les peuples autochtones sont enracinées dans la colonisation et les inégalités sociales persistantes. Ces facteurs peuvent également augmenter le risque qu’ont les personnes autochtones de développer un trouble neurocognitif.  

La première stratégie nationale sur les troubles neurocognitifs, Une stratégie sur la démence pour le Canada : Ensemble, nous y aspirons, a dévoilé que les peuples autochtones sont plus à risque de développer un trouble neurocognitif.  

Selon d’autres études, le stress provoqué par le racisme peut affecter la santé cérébrale. Les peuples autochtones sont également confrontés à des obstacles structurels au diagnostic et au traitement de ces troubles.  

Dans un récent rapport de la Société Alzheimer du Canada, on estime qu’en 2020, 10 800 personnes d’ascendance autochtone vivaient avec un trouble neurocognitif au Canada. D’ici 2050, on peut s’attendre à ce que ce nombre augmente de 273 % pour atteindre 40 300. (Il s’agit d’une augmentation plus élevée que pour l’ensemble de la population canadienne, qui devrait connaître une augmentation de 187 % des cas d’ici 2050.) 

Il est manifestement nécessaire de briser les cycles du racisme dans le domaine des soins de santé. 

Parmi les conférencier·ères dont la présence est confirmée, notons : 

  • Beckie Labillois, Aînée (Première Nation Ugpi’Ganjig), artiste et éducatrice qui a témoigné de son expérience en tant que proche aidante de personne ayant un trouble neurocognitif dans notre plus récent rapport et dans un album photo créé par l’Association des femmes autochtones du Canada
  • Bonnie Peigan, membre assiniboine de la Première Nation Carry the Kettle, proche aidante et éducatrice
  • Dre Pamela Roach (Métis Nation of Alberta), titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la sécurité des systèmes de santé autochtones à l’Université de Calgary. Ses recherches portent sur la cognition et la santé cérébrale des populations autochtones et d’autres groupes vulnérables. 
  • Moderatrice: Joanna Vautour, Membre de la bande Anishinaabe de la Première Nation de Serpent River (famille Meawasige) et coordonnateur principal de la recherche à l'Université McMaster

Parmi les sujets abordés : la reconnaissance du droit des personnes autochtones à la santé; le soutien au leadership autochtone; l’intégration de la sécurité culturelle et de l’humilité dans les soins de santé et la recherche; et la nécessité d’offrir plus de soutien aux personnes autochtones pour qu’elles puissent mener des recherches et créer des ressources sur les soins liés aux troubles neurocognitifs. 

Cette conversation s’inscrit dans le cadre de la série Dementia Talks! Canada, une série de conversations offerte par la Société Alzheimer du Canada et Brain Canada, deux chefs de file de la santé du cerveau au pays. Pour toute question, envoyez un courriel à publications@alzheimer.ca.  

À propos des intervenants

Rebecca (Beckie) Labillois, aînée et artiste

A woman with black and grey hair in a white shirt and glasses, smiling

Rebecca (Beckie) Labillois, artiste et aînée, se consacre à la revitalisation de son héritage artisanal L’nu en vannerie. Elle définit son travail comme étant « un lien entre les racines qui nous ont été arrachées ou que nous avons perdues et notre époque contemporaine pour renouer avec le mode de vie traditionnel ». Elle indique aussi : « Il est de mon devoir de transmettre ces enseignements aux enfants, pour empêcher à tout jamais qu’une telle rupture se produise de nouveau. » Dès ses 15 ans, et même avant, Beckie s’est mise à travailler afin de pouvoir vivre de son art. Elle vit à Ugpi’ganjig (Première Nation d’Eel River Bar) et elle est aujourd’hui à la tête d’Apitjipeg Crafts, fondé et opéré pendant plus de 70 ans par sa mère Margaret LaBillois. Elle a aussi parlé de sa mère et des troubles neurocognitifs dans le rapport Les multiples facettes des troubles neurocognitifs au Canada et dans le recueil de témoignages sur les troubles neurocognitifs de l’Association des femmes autochtones du Canada.

Bonnie Peigan, proche aidante

A woman with black and grey hair smiles

Bonnie Peigan est membre Assiniboine de la Première Nation Carry the Kettle. Pendant près de 10 ans, elle a été proche aidante pour sa mère, qui a rendu l’âme à 84 ans. Vers 2010, Bonnie et ses sœurs avaient commencé à remarquer que leur mère avait des pertes de mémoire. Plus tard, elle a reçu un diagnostic de trouble neurocognitif. En essayant de trouver des ressources autochtones pour sa mère, Bonnie a réalisé qu’il n’y en avait pratiquement pas. Vers 2016, on lui a suggéré de siéger au conseil consultatif de recherche communautaire de File Hills Qu’Appelle, qui était partenaire de certains projets de recherche sur les troubles neurocognitifs. Là et ailleurs, Bonnie a réclamé la création de davantage de contenu autochtone sur les troubles neurocognitifs. Plus tôt dans sa vie, elle a aussi été proche aidante pour son père, qui vivait avec un trouble neurocognitif à début précoce.

Pamela Roach, Chaire de recherche du Canada sur la sécurité des systèmes de santé autochtones, l’Université de Calgary

A woman with brown hair smiles

Pamela Roach, citoyenne de la Métis Nation of Alberta, est professeure adjointe dans les départements de médecine familiale et des sciences de la santé communautaire de l’Université de Calgary, où elle est aussi directrice de l’implication autochtone pour le Bureau du vice-recteur à la recherche. Elle est également directrice scientifique associée de la santé de la population à l’O’Brien Institute for Public Health et titulaire de niveau 2 de la Chaire de recherche du Canada sur la sécurité des systèmes de santé autochtones. Ses recherches portent sur les troubles neurocognitifs et la santé cérébrale, et elle se penche plus précisément sur les liens entre les services de santé, la réglementation et les facteurs ayant un impact déterminant sur la santé, le tout dans le but d’améliorer la santé des individus et des groupes.

Modératrice: Joanna Vautour, Coordonnateur principal de la recherche, l’Université McMaster

A woman with black and grey hair, green sweater and black frame glasses smiles

Joanna Vautour est membre de la Première Nation anishinaabe de Serpent River (famille Meawasige). Forte d’une riche expérience en travail social, elle œuvre à améliorer la santé et le bien-être des personnes et des familles de tous âges dans les collectivités autochtones de Toronto et de l’Ontario. Elle s’intéresse notamment au traitement du cancer, aux soins palliatifs, à l’enseignement du travail social et à la santé mentale. Sa pratique professionnelle est empreinte des enseignements traditionnels et de ses expériences anishinaabes, une culture qu’elle continue de revendiquer au sein de sa collectivité.