Facteurs de risque des troubles neurocognitifs

Lecture en

Lorsqu’il s’agit de la maladie d’Alzheimer et des autres troubles neurocognitifs, certains facteurs de risque sont modifiables et d’autres non. Découvrez-en plus à propos de ces facteurs sur cette page, ainsi que sur les risques qui doivent encore être étayés par plus de preuves avant d’être validés.

Young woman sitting down and thinking.

Maintenant que vous savez quels sont les facteurs de risque, découvrez-en plus sur comment préserver la bonne santé de votre cerveau et maintenir un style de vie sain.

Plus de questions? Contactez votre Société Alzheimer locale.

 

Que sont les facteurs de risque?

Les facteurs de risque sont les caractéristiques de votre style de vie, de votre environnement et de votre bagage génétique qui augmentent la probabilité de contracter une maladie.

Les facteurs de risque ne sont pas des causes de maladie en soi. Ils suggèrent plutôt un risque accru, et non une certitude, de développer une maladie, comme la maladie d’Alzheimer ou un autre trouble neurocognitif.

Simultanément, être peu ou pas exposé aux facteurs de risque connus ne vous protège pas nécessairement contre la maladie.

Certains facteurs de risque sont modifiables et d’autres non. Poursuivez votre lecture pour découvrir lesquels!

Les facteurs de risque modifiables

L’hypertension artérielle

Les personnes qui ont une pression sanguine élevée, ou de l’hypertension, au milieu de leur vie ont en moyenne plus tendance à développer la maladie d’Alzheimer ou un autre trouble neurocognitif par rapport à celles dont la tension est normale.

Le tabagisme

Les fumeurs ont 45 % plus de chances de développer la maladie d’Alzheimer par rapport aux personnes qui ne fument pas ou ne fument plus.

Le diabète

En moyenne, les personnes atteintes du diabète de type 2 ont deux fois plus de chances de développer un trouble neurocognitif par rapport à celles qui n’en sont pas atteintes.

Le taux de cholestérol élevé

Les personnes ayant un taux de cholestérol élevé au milieu de leur vie sont plus susceptibles de développer un trouble neurocognitif par rapport à celles ayant un taux normal.

L’obésité et le manque d’activité physique

L’obésité et le manque d’activité physique augmentent le risque d’avoir du diabète et de l’hypertension artérielle. L’obésité en milieu de vie est également un facteur de risque de trouble neurocognitif.

Le mauvais régime alimentaire

Un mauvais régime alimentaire, élevé en gras saturés, en sucre et en sel peut augmenter le risque de développer de nombreuses maladies, y compris le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les troubles neurocognitifs.

La consommation élevée d’alcool

Les personnes qui consomment de l’alcool de manière excessive présentent le risque le plus élevé de trouble neurocognitif par rapport à celles qui boivent modérément ou pas du tout.

Le niveau d’éducation formelle peu élevé

Les personnes qui utilisent activement leur cerveau tout au long de leur vie pourraient se constituer une « réserve cognitive » qui peut mieux les protéger contre les dommages aux cellules cérébrales provoqués par les troubles neurocognitifs.

La dépression

De nombreux chercheurs estiment que la dépression est un facteur de risque de trouble neurocognitif, tandis que d’autres estiment qu’elle pourrait être un symptôme, ou les deux.

Les traumatismes crâniens

Subir des traumatismes crâniens graves ou répétés augmente le risque de développer un trouble neurocognitif.

La perte des facultés auditives

On ne sait pas encore exactement comment la perte des facultés auditives augmente le risque de trouble neurocognitif, mais elle peut entraîner l’isolement social, la perte d’indépendance ainsi que des problèmes avec les activités de tous les jours.

L’isolement social

À part les troubles neurocognitifs, l’isolement social peut aussi augmenter le risque d’hypertension, de maladie coronarienne et de dépression.

Vivre à proximité d’une rue animée

L’impact sur le cerveau provoqué par la pollution des véhicules est encore étudié par les chercheurs, mais on estime que les personnes qui vivent à moins de 50 mètres d’une route animée sont plus susceptibles de développer un trouble neurocognitif.

Les facteurs de risque non modifiables

L’âge

La maladie d’Alzheimer et les autres troubles neurocognitifs ne font pas partie du processus de vieillissement normal. Cependant, l’âge est le facteur de risque connu le plus important. Plus vous vieillissez, plus le risque est élevé :

  • Un Canadien âgé de plus de 65 ans sur 20 est atteint de la maladie d’Alzheimer.
  • Après 65 ans, le risque de développer la maladie d’Alzheimer double environ tous les 5 ans. Un Canadien de plus de 85 ans sur quatre est atteint de la maladie d’Alzheimer.

Bien que rares, les troubles neurocognitifs peuvent toucher les personnes de moins de 65 ans. On parle alors de troubles neurocognitifs à début précoce.

Le sexe et le genre

Les femmes ont plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer que les hommes. Bien que les raisons ne soient pas encore très claires, quelques-uns des facteurs potentiels comprennent la durée de vie plus longue (en moyenne) des femmes et le changement des taux d’œstrogène au cours de leur vie.

Pour les troubles neurocognitifs autres que la maladie d’Alzheimer, les hommes présentent les mêmes risques que les femmes.

Pour plus d’informations sur comment les femmes pourraient présenter des risques de troubles neurocognitifs différents par rapport aux hommes, regardez ce webinaire brainXchange consacré aux différences de sexe et de genre dans le cerveau (en anglais)

La génétique

On ne comprend encore pas complètement le rôle des gènes dans le développement des troubles neurocognitifs. Nous savons que la plupart des cas de maladie d’Alzheimer sont sporadiques, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas héréditaires. Seuls de rares cas de la maladie d’Alzheimer sont héréditaires (ou « familiaux »), ce qui représente de 2 à 5 % de tous les cas.

Les chercheurs ont découvert plus de 20 gènes qui pourraient augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Trois d’entre eux la provoquent directement : le PSEN1, le PSEN2 et l’APP.

Si n’importe lequel de ces gènes est modifié, la personne développera presque certainement la maladie d’Alzheimer dite « familiale », bien souvent avant 65 ans. Si un parent est porteur de l’un ou l’autre de ces gènes défectueux, ses enfants ont 50 % de chances de l’hériter.

Les autres gènes associés à la maladie d’Alzheimer augmentent le risque, mais ne signifient pas nécessairement que la maladie d’Alzheimer se développera.

Consultez notre page sur le dépistage génétique et la maladie d’Alzheimer pour plus d’informations.

Risques non prouvés

On présume que certains facteurs pourraient provoquer la maladie d’Alzheimer ou d’autres troubles neurocognitifs. Ces allégations n’ont cependant pas été étayées par de solides éléments de preuve. Pour qu’ils soient considérés comme des facteurs de risque valides, plus d’études doivent être menées pour démontrer des liens concluants.

Voici ce que nous savons actuellement au sujet de ces risques de troubles neurocognitifs non prouvés :

L’aluminium

Les recherches actuelles n’offrent aucune preuve convaincante quant à un lien entre l’exposition à l’aluminium et le développement de troubles neurocognitifs.

Pendant plus de 40 ans, les chercheurs ont étudié les liens potentiels entre l’aluminium et les troubles neurocognitifs. Cependant, cette recherche est marquée par de nombreux résultats contradictoires.

  • Des études révèlent une concentration plus élevée d’aluminium dans le cerveau des personnes atteintes d’un trouble neurocognitif, tandis que d’autres tirent la conclusion inverse.
  • Les études ne constatent pas d’incidence plus élevée des troubles neurocognitifs chez les personnes exposées à l’aluminium dans le cadre de leur travail.
  • Le thé est l’une des quelques plantes dont les feuilles accumulent des traces plus importantes d’oligoéléments qui peuvent s’infiltrer dans la boisson lors de l’infusion. Cependant, il n’existe aucune preuve permettant d’affirmer que les troubles neurocognitifs sont plus fréquents dans les cultures où l’on boit de grandes quantités de thé.
  • Malheureusement, les études antérieures menées sur les animaux se focalisaient sur un animal particulièrement susceptible à l’empoisonnement par l’aluminium, ce qui a entraîné des conclusions erronées sur les effets généraux de l’aluminium sur le corps.

L’aluminium dans les ustensiles de cuisine et les autres produits

Il serait difficile de réduire de manière significative l’exposition à l’aluminium en évitant simplement l’utilisation des articles de cuisine en aluminium, comme le papier sulfurisé, les canettes pour les boissons et les autres produits courants.

C’est parce que l’utilisation de l’aluminium dans ces produits ne contribue que très peu à la consommation d’aluminium d’une personne. Souvenez-vous que l’aluminium est un élément présent dans l’environnement et notre corps à l’état naturel à des doses normales et non dangereuses.

L’aluminium dans l’environnement

L’aluminium a également une forme non métallique qui représente huit pour cent de la surface terrestre. En petite quantité, on se réfère à l’aluminium comme un oligoélément; naturellement présents dans les aliments que nous consommons, dans l’eau que nous buvons et, dans certaines municipalités, ces oligoéléments sont même ajoutés au processus de traitement des eaux.

On trouve des oligoéléments d’aluminium dans :

  • de nombreux aliments transformés;
  • des produits cosmétiques et d’hygiène personnelle, comme les déodorants et les vaporisateurs nasaux;
  • certains médicaments pour les rendre plus efficaces ou moins irritants;
  • dans l’air que nous respirons provenant du sol sec, la fumée de cigarette, les pesticides et la peinture à base d’aluminium.

L’aluminium dans le corps

On trouve aussi naturellement de l’aluminium dans le corps, mais son rôle n’est pas entièrement compris. Une personne en bonne santé absorbe très peu d’aluminium qu’elle ingère; la majorité de celui-ci est évacué par les reins.

Plus de liens et de ressources utiles

https://archive.alzheimer.ca/sites/default/files/files/national/research/recherche_facteurs-de-risque.pdf

Facteurs de risque. Société Alzheimer du Canada, 2018. Découvrez les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer et des autres troubles neurocognitifs dans notre fiche d’information téléchargeable et facile à imprimer. Elle contient également des exemples de stratégies et de changements à apporter au style de vie qui peuvent réduire votre risque de développer l’un ou l’autre des troubles neurocognitifs.

https://archive.alzheimer.ca/sites/default/files/files/national/research/understanding_genetics_f.pdf

La génétique et la maladie d’Alzheimer. Société Alzheimer du Canada, 2018. Découvrez-en plus dans notre fiche d’information téléchargeable facile à imprimer au sujet du rôle joué par la génétique comme facteur de risque de la maladie d’Alzheimer ou d’un autre trouble neurocognitif. Découvrez aussi si vous devez passer des examens de dépistage génétique.

https://www.alzheimers.org.uk/about-dementia/risk-factors-and-prevention?documentID=102

Les facteurs de risque et la prévention. Société Alzheimer du R.-U. Cette page Web complète de la Société Alzheimer du R.-U. renferme quelques études intéressantes et de précieux conseils pour réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer ou un autre trouble neurocognitif.

https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/128041/WHO_NMH_PND_CIC_TKS_14.1_eng.pdf; jsessionid=EC9695A1051A365556231979C468C506?sequence=1

Tobacco use and dementia. Organisation mondiale de la Santé (OMS), 2014. Ce rapport de l’OMS (en anglais) détaille les preuves derrière le tabagisme comme facteur de risque des troubles neurocognitifs.

https://vimeo.com/268998912

Women and Dementia: Understanding sex/gender differences in the brain. brainXchange. 2018 Ce webinaire (en anglais) se penche sur les questions du sexe et du genre, sur les différences de sexe et la maladie d’Alzheimer et sur comment le nombre plus élevé de femmes atteintes de la maladie pourrait être dû aux deux; il se penche également sur le rôle de l’œstrogène dans les régions du cerveau associées à la maladie d’Alzheimer. En partenariat avec la Société Alzheimer du Canada et le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV).

https://www.alz.co.uk/research/world-report-2014

World Alzheimer Report 2014 : Dementia and Risk Reduction. Alzheimer's Disease International (ADI), 2014. Le rapport le plus récent d’ADI examine de manière critique les preuves soutenant l’existence de facteurs de risque modifiables de la maladie d’Alzheimer et des autres troubles neurocognitifs.