Selon un jeune chercheur passionné, le risque de développer la maladie d’Alzheimer et le potentiel de guérison apparaissent dès l’enfance

Même à la garderie, il se dessinait dans la peau d’un scientifique à la recherche d’un remède miracle. Il suppliait ses éducatrices de lui donner des boîtes à œufs qu’il transformait en fioles et éprouvettes.

Pendant ses études secondaires, il a parfois rêvé de devenir étoile du rock ou comédien dans une ligue d’improvisation. Pourtant, il est toujours revenu à sa véritable passion, la science, particulièrement la génétique, qu’un professeur enseignait à quelques élèves doués de son école.

Aujourd’hui, M. Daniel Felsky a 24 ans. « La génétique est semblable à une symphonie, à un vaste réseau interactionnel à l’intérieur de la cellule, explique-t-il. Les gènes n’agissent pas seuls, ils sont programmés naturellement pour interagir avec leurs voisins. En comprenant comment les codes de ces cellules fonctionnent ensemble, nous serons à même de percer de nombreux secrets, dont celui de l’Alzheimer. »

La passion de M. Felsky nous donne maintenant l’espoir de mieux imaginer les traitements ou les plans de prévention qui pourraient être mis au point, un jour ou l’autre, à l’aide de la génétique. Il a obtenu une bourse de trois ans, dans le cadre du programme de recherche de la Société Alzheimer, afin de poursuivre ses études doctorales à l’Université de Toronto et au Centre de toxicomanie et de santé mentale. M. Felsky s’intéresse aux fondements génétiques à l’origine des risques d’apparition précoce de la maladie. Une étude novatrice, publiée l’année dernière, qui utilise l’imagerie neuronale et génétique pour examiner le cerveau de personnes en santé de tous les âges, et tout au long de leur vie, a suscité l’intérêt de M. Felsky. Mais il signale que sa propre étude utilise également des données d’autres sources, ce qui reflète bien la collaboration et la coopération entre les chercheurs d’aujourd’hui.

Son équipe a utilisé l’imagerie médicale pour mesurer la manière dont l’eau se déplace dans certaines parties de la substance blanche du cerveau. Elle a découvert que des mécanismes génétiques liés aux structures et aux fonctions des protéines existent dès la petite enfance, l’enfance et l’adolescence, et qu’ils pourraient exposer la personne à un risque.

« Non seulement nous connaissons les gènes qui engendrent un risque pour la personne, mais nous avons l’information qui nous aide à déconstruire la progression de la maladie à divers moments de son développement, ajoute-t-il. Ceci nous aide à préciser où, quand et comment les gènes à risque d’Alzheimer s’activent et les effets qu’ils produisent sur le cerveau de personnes apparemment en bonne santé, et ceci à partir d’un très jeune âge. »

À l’instar de son mentor M. Aristotle Voineskos, M. Felsky s’est tout particulièrement penché sur le gène SORL1 pour évaluer les facteurs de risque d’effets possibles sur les structures et les fonctions cérébrales. La recherche semble indiquer que le risque de développer l’Alzheimer pourrait surgir à la suite d’un « choc précoce » (une modification cérébrale au début de la vie liée à une variation dans les gènes) pendant l’enfance et l’adolescence, longtemps avant l’apparition des premiers symptômes. Ceci permet de faire ressortir comment la génétique influence certains mécanismes précis du cerveau et permet également de faire la lumière sur la manière dont l’environnement ou le mode de vie affectent les personnes génétiquement à risque de développer la maladie d’Alzheimer. Ce genre d’étude pourrait augmenter le potentiel d’une intervention plus rapide dans l’avenir pour le traitement. Pour certains, cette recherche aide également à briser le mythe selon lequel l’Alzheimer est une « maladie de personnes âgées ».

Grâce à ce dynamique jeune homme, amateur de vélo et de triathlon quand il n’est pas dans son laboratoire, nous comprenons mieux les risques génétiques liés au développement de la maladie d’Alzheimer. Ces connaissances pourraient nous permettre un jour de déceler et de traiter la maladie avant même l’apparition des symptômes, ou de nous aider à la prévenir.

Depuis 25 ans, le Programme de recherche de la Société Alzheimer (PRSA) finance la recherche menée au Canada et évaluée par des pairs. Les projets acceptés ont pour objectif d’améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement de l’Alzheimer et des maladies apparentées, et d’en arriver un jour à les guérir. À ce jour, plus de 40 millions de dollars ont été investis dans la recherche, dont celle de M. Daniel Felsky.

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Last Updated: 08/22/2016